jueves, septiembre 10, 2026

De Paso Por Lo Eterno



Las fronteras son flores del mal
Lo aprendí siendo pequeño
Cuando el hambre me obligó a cruzar


Y hoy me dicen el extranjero
Porque una noche emprendimos
La larga migración hacia otro cielo


Me dicen el extranjero
Y mi mamá barriendo los sueños de los señores
Fue más feliz que ellos


Me dicen el extranjero
Porque aún no han descubierto
Que llevan dentro el universo entero


¿Hace cuánto no ves las estrellas?
¡Hay tantas aquí ahora!
¡Parece que se pisan entre ellas!


Es la misma hora en todos los sitios
El tiempo no existe
Todo termina y vuelve al principio


Perdí a mi familia y un extraño me abrazó
Me dijo 'estamos todos solos'
Y jamás volví a estar solo
No sé de dónde somos


Yo canto a la belleza de estar vivo
Y eso es todo, porque eso lo es todo
Dicen que son ricos porque tienen caseríos
¡Rico, yo!, ¡todo lo que ven mis ojos es mío!


Nadie nació para ser siervo
Quien no es feliz, debe partir
Como parten las aves del invierno
Como una caravana de sueños


Cruzan el desierto los sureños
Pa' mandar plata a casa del viejo
Atrás se quedan los que esperan
Sin saber si volverán, sin saber si llegarán siquiera


Al otro lado del surco
Como un cisne entre los juncos
Entra lento al puerto entre la niebla densa un cayuco


Y dentro un racimo de soñadores de un nuevo mundo
Que tras días a la deriva perdieron la vida juntos
No es justo, morir de sed en el agua
Frente al ojo que todo lo ve pero nunca hace nada


Mientras viva podrán negarme esta tierra
Pero no evitarán que me funda en ella cuando muera


Estoy de paso por lo eterno:
En cada instante, lo infinito; en cada grano, el universo
Igual que siguen las aves la ruta sin huellas
Encuentra la libertad todo aquel que la sueña


Y estoy de paso por lo eterno:
En cada instante, lo infinito, en cada grano, el universo
Y tú, que has creado fronteras
¿Hace cuánto no ves las estrellas?


Urodziłem się pod trzynastką na ulicy Norwida
Wrocław, babcia żywa, most, park, szara zima
Tam jeszcze byłem dzieckiem, wiecie..., i było to piękne
Ledwo pamiętam ale to nie znaczy że nie tęsknię


¿Czy ktoś mnie tam czeka? Nie wiem
Straciłem ojczyznę ale znalazłem sam siebie
Dzisiaj moją flagą jest ten siwy księżyc
Trzymaj ten żywy wierszyk
I wybacz mój krzywy język


¿Que qué quiero decir?
Estaba haciendo ovillos
Con torpes recuerdos del lugar donde nací
Aunque ya no me siento de allí, tampoco de aquí


Tristeza feliz la de aquel que no tiene un país
Y digo triste y feliz pues cuando tienes que expatriarte
Dejas de ser de un sitio para ser de todas partes
Volví años más tarde y todo estaba donde lo dejé
Aunque de pequeño parecía más grande


Głogowska, el salón de los abuelos
El columpio, el arenero, los carámbanos, mi trineo...
Hoy vivo en un monte, vive en mí un monje
Un lejano gen aborigen que en mí se esconde


Y que me concedió el don del idioma del arte
Hoy sigo el camino recto porque voy a todas partes
Entregado a los demás sin perder un solo instante
De alegría en alegría allá donde el amor me lance


Y a ti, joven buscador de insaciable sed
Decirte que todo cuanto buscas se esconde en tu ser
Así que, sígueme, es decir: síguete
Todo es tuyo, sírvete y déjalo listo al siguiente antes de irte


Amor, vayamos allá donde nadie nos halle
Bañarnos en la llama del valle y vivir sin llaves
Ya no hay distancia ni nostalgia
Gracias al destino por su magia
Donde estés tú, está mi patria


Estoy de paso por lo eterno:
En cada instante, lo infinito, en cada grano, el universo
Igual que siguen las aves la ruta sin huellas
Encuentra la libertad todo aquel que la sueña


Estoy de paso por lo eterno:
En cada instante, lo infinito, en cada grano, el universo
Y tú, que has creado fronteras
¿Hace cuánto no ves las estrellas?




















Rafael Lechowsky





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Enlace a la versión musicalizada de De Paso Por Lo Eterno en la voz de Rafael Lechowsky:




De Paso Por Lo Eterno



lunes, septiembre 07, 2026

Un Jour Un Jour




Tout ce que l’homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd’hui surgit devant le crime


Et cette bouche absente et Lorca qui s’est tu
Emplissant tout à coup l’univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu’on tue


Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche


Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l’avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages


Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l’a touché


Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche


Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l’enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles


Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d’idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou


Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche









Dawn : Odd Nerdrum









Louis Aragon



martes, septiembre 01, 2026

Classe17




C'était un temps de solitude Ô long carême des études
Où tout à son signe est réduit
Aux constellations la nuit
La vie affaire de mémoire
De chiffres blancs au tableau noir
Et lorsqu'on mourait à
Vimy
Moi j'apprenais l'anatomie


J'avais l'homme abstrait pour domaine
Or les récits des
Théramène
Fallait-il deux fois qu'on les tue
Transformaient les morts en statues
De toujours les grands mots m'irritent
Et ces millions d'Hippolyte
Ils étaient sur les chars et moi
J'avais quatre-vingt francs par mois


Pardonnez-moi cette amertume
Mais l'âge d'aimer quand nous l'eûmes
Comme le regain sous la faux
Tout y sonnait mortel et faux
Et qu'opposer sinon nos songes
Au pas triomphant du mensonge
Nous qui n'avions pour horizon
Qu'hypocrisie et trahison


La guerre on la voit à l'envers
Et vienne le troisième hiver
Petit verre des condamnés
Est-ce que c'est pour cette année
Le ciel déjà prend goût de terre
Puisqu'on est des morts sursitaires


Tous les calculs que nous ferons
Auront une balle en plein front


Comment croire ce qu'on enseigne
J'ai touché pourtant ce qui saigne
J'ai u frémir j'ai dû fermer
De mes doigts des yeux bien-aimés
D'autres les ont à la taverne
J'eus moi mes vingt ans en caserne
Enfant maigre habillé de bleu
Rêvant beaucoup et. mangeant peu


C'était le
Paris de l'An
Mille


Adieu ma vie adieu ma ville


Pont
Alexandre pâle et beau


Le soir comme un vers de
Rimbaud


Ma tour au loin qui semble un air


Renouvelé d'Apollinaire


Se peut-il que je vous oublie


O palefreniers de
Marly


J'ai laissé mon cœur à la traîne
Dans les bosquets du
Cours-la-Reine
Je ne vous reverrai jamais
Fleurir marronniers que j'aimais
Je pars et je vous abandonne
Longs quais de pierre sans personne
Veillant sur le fleuve profond
Où les désespérés s'en vont


Il paraît que je pars me battre
Adieu
Paris mon grand théâtre
Adieu viaduc de
Passy
Adieu tout ce qu'on voit d'ici
Les deux rives fuyant à l'amble
Ce qui se cache et ce qui tremble
Les jardins du
Trocadéro
Et le ver luisant du métro


Le temps vient des métamorphoses
J'ai quitté la beauté des choses


Et dans le train qui s'éloignait
Ma plaque de fer au poignet
J'entendais d'abord creux et sourd
Croître le bruit des canons lourds
Et le wagon vers les armées
Portait des chants et des fumées


Voici la région des tirs
Voici la roue et le martyre
Le fer y tombe des nuées
Y vivre a pour règle tuer
Entends l'approche des marmites
Sous le crépuscule des mythes
Dans cette terre déchirée
Le cri de la chair labourée


Tes yeux ta lèvre ta narine
L'intérieur de ta poitrine
L'air même y viendra les ronger
Tu respireras le danger
Alerte alerte aux gaz
Arrache le masque des phrases
Et sous les velours des idées
Montre ta face défardée













La Mort d'Hippolyte : Joseph Desire Court












Louis Aragon